Le bruit de ton silence

Plusieurs mois sans nouvelles. Notre relation en point de suspension. Des petites pauses pour reprendre notre souffle. Petits points qui annoncent une suite sans en connaître vraiment la destinée. Deux histoires sans trait d’union.

Plusieurs mois où je me dis qu’il faudrait que je t’appelle. Cette injonction que je me fais de garder un contact. Juste un appel. J’ai toujours une excuse pour remettre à plus tard cette conversation qui sera ponctuée de silences, de reproches, de non-dits ou au contraire de paroles cruellement vraies.

Ce mardi, j’ai pris mon téléphone. Il était temps. Ce n’est pas ta voix chevrotante qui me répond “ah ma puce ça me fait plaisir !”, ni le bruit de ton respirateur, ni les sifflements de ton souffle trop court. Non, une voix automatique d’un opérateur me signalant que le numéro que je venais de composer n’était plus attribué.

Je raccroche puis compose à nouveau ton numéro, une fois, deux, trois … comme si je me refusais de comprendre l’information. Je m’agace, tu m’agaces. Ton silence une fois de plus me frappe le cœur.

Les larmes roulent de colère. Je suis en colère que tu aies changé de numéro sans prendre la peine de me tenir informée. Je suis colère que tu me laisses une fois de plus, une fois de trop dans cette incertitude. Je suis en colère que notre relation ne soit qu’un puzzle de pièces manquantes et cornées. Je suis en colère que tu fuis. Je suis en colère et pétrifiée que tu m’abandonnes encore. Je suis en colère que tu parviennes encore à m’atteindre, me toucher.

Puis ce silence m’oppresse. Je t’envoie un mail. Retour automatique me signalant que l’adresse n’existe plus. Elle n’existe plus. Et toi? Existes-tu encore ? Où es-tu?

Je me revois des années auparavant à chercher le moindre indices pour te retrouver.

Je me revois sur le banc du tribunal à attendre la décision du juge pour enfant, seul ton nom sur la porte marque ton existence.

Je me revois dans ce commissariat faire la recherche dans l’intérêt des familles.

Les pensées sombres me frappent le cœur. L’inquiétude se mêle à ma colère. Me voilà à nouveau comme dans mon enfance à me soucier de toi, à craindre chaque grand froid car je t’imaginais dans les rues, seul. A me demander si tu étais encore en vie.

Es-tu hospitalisé !
Es-tu encore en vie?

M’as-tu mise dans les personnes à prévenir ? Je ne pense pas ….

Ton silence me paralyse, il fait trop de bruit dans mon coeur, dans ma vie.

 

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3 Replies to “Le bruit de ton silence”

  1. Je suis désolée pour toi. Je ne sais pas si tu peux avoir des infos par sa mairie ou l’état civil…

  2. oh dur, j’espère que tu en sauras vite plus

  3. Que ça doit être dur à vivre, je n’ose imaginer ton calvaire. Si besoin je suis la

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