Aux pères qui attendent derrière la porte

Une fois n’est pas coutume, j’ai regardé Babyboom. Après avoir séché mes larmes à chaque naissance, j’ai pensé à ce père qui attend, attend derrière cette porte. Ce père, impuissant dont le cœur balance entre joie de rencontrer son enfant et inquiétude pour sa compagne, qui est partie au bloc.

Je pense à ces pères qui veulent être présents mais qui ne le peuvent pas. Un milieu aseptisé, un milieu froid où le bien être vitale de la maman ainsi que celui du bébé se passe à huit clos. Un milieu où la césarienne est l’unique naissance.

Je pense à ces pères qui doivent rassurer leur conjoint lors du départ au bloc. Départ parfois prévu mais bien souvent soudain. Ces pères qui doivent en une fraction de seconde, en un regard faire ressentir leur amour, leur force et leur confiance en l’équipe médicale. “Tout se passera bien, je te le promets. Je serai là pour l’accueillir, à tout à l’heure mon amour …”

Je pense à eux quand ils sont seuls à accueillir les nouveaux nés. Seuls à devoir leur dire à quel point ils ont été forts, à quel point ils les aiment mais aussi que maman arrive. Ces nouveaux-nés arrachés, qui cherchent désespérément le contact maternel si familier.

Alors ces pères tombent la chemise ainsi que parfois leur côté rustre pour prendre ces petits être contre eux. Les prendre pour les remplir d’amour, de réconfort et de sécurité. Ces pères qui se révèlent. Ils maîtrisent leur inquiétude pour leur conjoint et attendent encore et encore ….

Ces hommes à qui on a confié les premiers instants si fragiles de nos enfants. Ces hommes qui susurrent nos mots doux “Dis lui bien que je l’aime si fort, que je reviens vite. Dis lui que j’arrive!!! Promets le moi!”

Ces hommes dont fait partie le ChefChronique …. Je le revois livide lorsqu’il me met Zebulon dans les bras. Il se préoccupe de moi et je me rends compte qu’il a eu peur. Peur du bloc, peur de cette attente et peur du sang et des fils qui sortent de ma blouse. Je suis la mère de ses enfants mais avant tout sa femme “qu’est ce que j’aurai fait s’il t était arrivé quelquechose? Que serai-je devenu?”

Alors à ces hommes qui nous tiennent la main, qui nous réconfortent, à ces hommes qui nous attendent derrière la porte, à ces hommes qui ont mal d’être impuissants face au travail de la naissance, merci à eux. Merci ChefChronique.

 

Mamá Chronique

7 Replies to “Aux pères qui attendent derrière la porte”

  1. C’est vraiment un très beau billet, plein d’émotion et tellement fort. Merci. pour mon homme qui a eu mal d’être impuissant face au travail de la naissance 🙂

  2. Oh mais tu vas me faire pleurer là!!!!!!!

    2 enfants, 2 césariennes bien vécues malgré l’urgence et malgré les suites de couches pénibles, et donc 2 fois papa ours de l’autre côté de la porte, le1er de nous 2 à prendre bébé dans ses bras, à faire du peau à peau avec notre fille (notre 1er ourson a eu besoin de “cloche” à oxygène), le 1er à donner le bain, et j’en passe……..

    Je sais qu’il a pleuré dans les bras de nos mères pour la 1ère césarienne…De peur, d’angoisse, de joie d’être père, de tout ce flot d’émotions je pense…..

    Lui qui n’aime pas les hôpitaux il a été présent de bout en bout (nous avons la chance d’avoir eu nos enfants dans une clinique où les papas sont les bienvenus tout le temps, hormis au bloc, donc il avait mis son lit de camp dans ma chambre!^^)…..

    Il a accueilli nos enfants, il a été fort, il a donné son amour, sa chaleur, il m’a soutenue, il a été le papa et le mari idéal à la naissance de nos deux enfants….. Sans lui je n’aurais jamais accepté mes césariennes de cette façon…..

    Merci à lui, merci à toi pour cet article, merci pour lui………♥

  3. J’ai versé ma larmichette ^^
    C’est tellement triste … ici dan sma mater tout papa a l’autorisation d’être LA à côté de sa femme pour une césarienne, même en cas d’urgence,….

  4. Très beau billet et émouvant. Même si je n’ai jamais été confrontée à ce problème, je trouve extrêment dommage que le papa ne puisse pas être présent lors de la césarienne.

  5. Exactement….
    Cette césarienne, ce déchirement, cette plaie toujours là d’avoir rater cette rencontre…
    Et le papa, à attendre dans le couloir… qui a pu accueillir notre grenouille au creux de ses bras, à défaut des miens….

  6. Des mots justes et émouvants. Vraiment un article magnifique, merci à toi.

  7. J’ai versé ma larme de bon matin
    Très touchant et tellement vrais tout ça

    <3

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