Trop de fois ce chemin de l’école a été long et tortueux.
Trop de fois tes cris me transperçaient le coeur.
Trop de fois tes griffures me marquaient ton mal-être.
Trop de fois tes coups frappaient ta colère.

Colère contre l’école. Colère contre ce lieu que tu avais attendu longtemps pour y entrer. Attendre d’avoir 3 ans résolu pour un petit bonhomme de début d’année. Devoir aller à la crèche encore et encore alors que tu étais prêt.
Colère d’être enfin à l’école et ne pas apprendre comme tu le veux. Apprendre à lire, à écrire. Apprendre en laissant une trace écrite. Jouer te semble tellement loin de l’idée que tu te fais de l’école. Pourtant jouer c’est apprendre aussi mais tu veux être scolaire. Où sont les devoirs? », « C’est quand que j’apprends? »

Sur ce chemin de l’école, je me suis souvent perdue. Impossible de trouver le bon chemin.
Trop de fois j’ai perdu ma patience et mon sans froid.
Trop de fois mes cris t’ont assaillis.
Trop de fois le découragement m’a envahi et cette détresse de ne pas te faire faire ce chemin de l’école dans la joie.
Trop de fois je suis restée sur le bas-côté…

Sur le chemin de l’école, je t’ai perdu un instant. Impossible de te comprendre. Impossible de poser des mots sur tes cris. Impossible de faire face une fois de trop aux regards des autres parents. Une fois de trop…

Puis tu m’as montré ton chemin. Celui vers lequel tu essayais de nous emmener. Tes cris hurlaient si forts que nous en étions assourdis. Tu ne trouvais pas ta place. Tu avais besoin de plus. Tu voulais être au service de toi-même. Tu t’étouffais, te mettais en sommeil, jusqu’à régresser. Tout ceci t’était insupportable. (Demain le soleil brillera à nouveau…)

Nous t’avons fait passé des tests de QI. Tu as adoré ce moment. Tu voulais que l’on comprenne ce qui se passe dans ta tête pour être heureux. Je me suis retrouvé face à un neuropsy qui t’a décrit comme s’il vivait avec nous depuis ta naissance. Il a mis des mots sur ce que nous ressentions. Sur cette différence. A peine rentrée à la maison, tu attendais que je t’explique tout « alors Mamá qu’est ce qu’il t’a dit ? ». Nous nous sommes mis autour de la table et je t’ai parlé, expliqué, gribouillé des schémas. Tu n’en perdais pas une miette. « Mamá c’est tout à fait ça! C’est ça qui se passe dans ma tête et mon coeur ! »

Qu’importe le chiffre du QI, qu’importe que l’on parle de haute intelligence ou de précocité, maintenant nous devions agir.

Hier un conseil pédagogique s’est réuni à l’école. Enseignants, psychologue et nous parents avons échangé durant une heure. Une heure durant laquelle tous ont essayé de comprendre cette différence et surtout la façon dont elle s’exprime. Mettre des mots sur tes cris, tu nous avais laissé enfin le lexique. Tu caches tes connaissances, tu fais l’imposteur dans une classe de moyens qui ne te correspond pas. Tu essaies de te fondre dans la masse mais c’est tellement dur! La psychologue apportait son éclairage et guidait l’équipe enseignante. Car ce qui relevait de l’évidence pour elle n’était qu’interrogations et peurs pour les autres. Nous évoquons un passage anticipé de classe dont la réponse nous sera donnée dans 2 mois. 2 mois… Une éternité pour toi !

Ce que je sais? C’est que je ne sais rien. Nous avançons pas à pas ou parfois par énorme bond car tu nous pousses. Ne pas avoir peur? Et si on se trompe? Je laisse ça de côté maintenant et je te fais confiance mon Zebulon.

Tu attends une réponse de l’adulte à tes demandes « alors Mamá je vais chez les grands? ». Tu attends de pouvoir sortir de ton sommeil et explorer tout ce que tu as en toi. On me dit que tu vas fleurir, que tu vas créer des arborescences dès lors que l’on te le permettra, dès que tu te le permettras.

Alors mon Zebulon ouvre ton jardin de vie, nous sommes prêts…

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