Hier dans le métro, j’ai vu cette mère avec sa copine et leurs enfants. Je l’ai vu papoter, rire et essayer de « gérer » sa marmaille. Leurs grosses bougent, gigotent et puis il y a ce garçon. Un gamin qui embête ce qui semble être sa soeur. Il la cherche encore et encore. Il semble mécontent et à l’intention de le faire savoir à tous.

Pendant ce temps là, la mère papote avec sa copine, elle cherche à raisonner le garnement. Pfff elle ne semble n’avoir aucune autorité sur lui. Elle lui parle, lui explique encore et encore les règles de vie en société. Échec … Franchement elle n’est pas assez ferme, à trop parler alors que moi j’en aurai mis une à ce gosse. Cette génération de parent est vraiment lamentable ! L’enfant Roi qui impose son dictat à ses parents.

Vous imaginez ma stupeur quand j’ai vu ce gosse se mettre à frapper tout sur son passage. Et cette mère qui serre son fils contre lui alors qu’il lui met des coups de pied et qui essaie de la mordre. J’avais honte pour elle. Elle n’osait même pas nous regarder. Elle devait elle aussi avoir honte! Nous étions nous tous les autres voyageurs complètement choqués par cette scène. Cet enfant en caprice, il devait avoir 5 ans, et cette mère…..

Cette mère c’est moi avec mon Zebulon dans le métro.

Je suis cette mère qui a fimageait face à une des colères de mon fils et aux regards lourds et jugeants d’une rame entière.
Mon Zebulon a fait une colère oui.
Mon Zebulon a été envahi par une émotion qui l’a dépassée.
Mon Zebulon qui n’a pas su gérer ce sentiment car en lui tout prend des proportions, tout est plus compliqué, tout est plus intense.

Oui je suis cette mère qui a sorti son fils à l’arrêt suivant en gardant la tête haute malgré ses coups de pied et ses cris et ses « lâche moi!!! ». Oui je suis cette mère qui a vu son fils fondre en larmes quand il s’est aperçu que son comportement était inacceptable Qu’il était allé trop loin. Quand sa sphère affective a laissé place à sa sphère cognitive. Craquer sur le quai vide … Là … loin de tous les regards.

Oui mon enfant atypique, mon enfant précoce c’est aussi cela. Des crises démentielles, des émotions dévastatrices, plus fortes que tout, plus fortes que lui. Quelles réponses? Des paroles oui mais aussi et surtout un contact physique à établir. Le serrer fort, le contenir non pas pour le « maîtriser » mais pour le recentrer, renforcer sa sécurité intérieure. Seule étape nécessaire pour que le cognitif reprenne sa place avec la raison. Faire lâcher un instant l’émotionnel. Le faire revenir.

Et après ? Je suis cette mère qui doit faire face au chagrin de son fils. Larmes et désarroi « Mamá comment j’ai pu te faire ça ? Je sais que l’on ne doit pas faire mal, que la colère ne donne rien de bon mais c’était trop dur ». Faire face à cet enfant qui se sent plus bas que terre, horrible aux yeux de sa Mamá … Puis le sommeil.
Une telle crise se termine toujours par un épuisement physique et moral qui emporte mon Zebulon jusqu’au petit matin. Avoir
juste le temps de monter chez nous, le poser sur le canapé et le voir lâcher prise. Le lendemain le temps de la discussion, des excuses arriveront.

Je suis cette mère qui regarde son fils avec amour et qui le félicite. Car pour toi passant cet enfant, exécrable à tes yeux, a tellement fait de progrès dans la gestion de ses émotions. Il n’y a pas si longtemps cette même mère n’osait sortir de peur de ce regard jugeant et accusateur. La colère pouvait durer des heures, un tsunami à la Casa. Cette même mère qui pleurait sur son canapé car elle ne comprenait pas son fils et ses multiples facettes. À se demander ce qu’il n’allait pas en lui, en elle.
Cette même mère qui a appris à comprendre ce tempérament atypique. Chaque jour un pas de plus vers une sérénité.

Cet enfant, objet de tous les regards est mon Zebulon. Oui un petit bonhomme de 5 ans qui s’ouvre de plus au plus au monde. Un garçon qui se frotte aux règles de la vie, aux mécanismes du monde et qui apprend à en adopter les rouages. Ce monde qu’il ressent différemment de moi, de toi …. Mon Zebulon qui sort de plus en plus de sa zone de confort car il sait que je serai toujours là même quand il y a dérapage.

Cette mère tu n’es pas obligé de la comprendre, et sache que ton regard lourd n’a pas autant de poids dans son coeur que le chemin parcouru avec son enfant, face à ses progrès.

Cette mère reprendra le métro avec son enfant ….

Rendez-vous sur Hellocoton !Mamá Chronique

10 comments on “Cette mère dans le métro…”

  1. Décidément, tu es vraiment une Mamà formidable! Bravo ma belle, garde la tête haute! En aucun cas tu ne dois te sentir embarrassée! Je t’admire beaucoup, vraiment!

  2. Tu sais au travail je vois bcp d enfants qui courent et crient partout dans le mag. Perso ça me dérange pas ils sont vivants .par contre ce que je déteste c’est les mères qui disent que moi la vendeuse je vais les engueuler ou qui tapent aux fesses ou même pire qui leur pincent la joue si fort que le gamin hurle de douleur.
    Alors je préfère mille fois une maman qui essaye de raisonner la crise de son gamin plutôt qu’une mère qui se destitue de son rôle en tapant ou en faisant peur à son gosse.

  3. Comme je te comprend. Je ne suis pas dans le même cas mais je réagis pareil face à des pleurs ou de la colère.
    J’ai toujours énormément mal au bide quand je vois des parents excédés immédiatement qui préfèrent foutre une claque ou une fessée, ou les insultes voire les trois en même temps alors que leurs enfants ne font que vivre et s’exprimer à leur manière, celle qui connaisse !

    Bref, j’ai la sensation d’être une bonne mère quand je réagis comme toi. Tu es une super maman, qu’importe les gens, leurs regards et leurs blablas.

  4. On devrait tous pouvoir te comprendre pourtant. Qui n’a jamais eu à gérer ça avec plus ou moins d’intensité et de fréquence ?
    Tu es une championne et même si cela est dur pour vous deux, vous vous en êtes sortis comme des chefs !
    <3

  5. Je suis admiratif…

    D’abord du courage et de la carapace que tu t’es forgée pour ne pas céder à la pression du regard des autres. Vraiment, il en faut du courage pour passer au dessus de ça.

    Et ensuite pour ton attitude envers ton enfant. J’adorerai pouvoir me comporter comme ça. La aussi, il faut de la force de caractère je pense.

    Avec mes jumeaux, qui n’ont que trois ans, j’essaie de réguler mes émotions afin de ne pas péter un plomb. Malheureusement, je n’y arrive pas toujours. Et j’ai recours au coin ou à la fessé…

    Je sais que certains vont me huer et je m’en fous réellement. Je n’aime pas les méthodes que j’emploie mais elles sont les seules que je connaisse.
    Je ne me sens pas encore capable d’être un parent positif. J’espère le devenir et travaille sur moi pour ça.

    Pour l’instant, je ne peux qu’admirer ton comportement…

  6. je connais ça aussi, j’ai aussi beaucoup pleuré sur mon canapé mais une bataille après l’autre on y arrive, mon grand à 8 ans aujourd’hui les colères sont toujours présentes mais à présent on arrive de plus en plus à en parler

  7. Tu es une mère qui essaie de comprendre et de respecter son enfant comme tout le monde devrait faire.
    Il y a 20 ou 30 ans, j’aurais peut-être eu la réaction que tu décris, mais avec nos enfants, nous avons essayé de faire au mieux comme toi.
    Tu as raison, les contacts physiques sont très importants pour les enfants pour qu’ils sachent qu’on les aime et qu’on est heureux de les avoir près de nous.
    Bon courage, tu ne démérites aucunement, bisous MB2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *