J’ai couché ici de nombreuses phrases sur mes peurs de mère, mon abandon, ma façon de concevoir la maternité, mes doutes, mes échecs.
J’ai versé nombreuses larmes sur les oreilles de mes gones. Des ras le bol en tout genre mais aussi de nombreuses joies et réussites.

Au milieu de tout ceci, le besoin d’extérioriser, vider mon sac et vous voir l’ouvrir, le lire et … partager.
Partager des expériences, partager des idées, partager encore et encore.

Tout me semblait simple. Et puis il y a eu les soucis de Saucisse et ce besoin de vous en parler. Tourner les phrases dans tous les sens, comment décrire tout ceci, comment sentir ce malaise…mon malaise. M’excuser de parler d’une partie très intime de mon enfant. En ai-je le droit? Quelle est la limite, la frontière avec la pudeur, l’intimité. Dois-je mettre un tabou la dessus ?

Je tourne tout cela dans ma tête depuis des jours. J’écris un message sur Facebook puis je l’efface. Je le publis en rougissant. Rougir de cette gêne. Rougir de sentir que j’ai besoin de partager mais en ai-je vraiment le droit?

Comment exprimer ce sentiment où je dois me concentrer sur le présent et malgré tout penser à l’avenir. Penser à la future vie de femme de ma fille. Penser à sa sexualité future, alors qu’elle n’a que 7 ans, alors que je ne sais pas ce que l’avenir sera, alors que je suis sur internet, alors alors….

Ai-je le droit de penser à sa future sexualité? Ai-je le droit de me sentir fautive de vivre la mienne, alors que je voudrais juste donner ma place, comme une maman.

Puis les jours passent, les soins font partie d’une routine. Un moment entre filles, où les garçons attendent derrière la porte. Zebulon a eu du mal à comprendre que les soins devaient se faire loin de lui. Alors qu’il avait toujours été habitué à se soigner avec sa soeur. Les oreilles c’est tellement différent, il n’y a la même intimité que je me dois de lui préserver.

Saucisse me demande si elle va guérir. Elle me demande quand on arrêtera la crème. Les jours passent, on ferme les yeux…. Et on oublie…. Un peu. On soigne machinalement avec l’envie et le besoin que tout ceci ne soit pas trop présent.

La peau vit, sa peau évolue avec des soulagements et parfois de grosses inquiétudes. Des éruptions, des fissures…. Ça craque et elle me dit que ça fait mal. On appelle la dermatologue…. On est en août tout est fermé. La dermatologue prend des vacances, nous devrions certainement en faire de même avec nos inquiétudes et nos questions….

Je vous parle de la partie la plus intime de ma fille, de son jardin secret, de sa petite fleur. Je cherche les mots, je cherche comment vous parlez de tout ceci. Avec maladresse certainement, avec pudeur j’espère, avec la sensation de ne pas trop la dévoiler, ne pas la mettre à nu. Mais je ne peux pas faire comme me dit mon entourage:
« Ne parle pas de ça !!! Ça ne regarde personne, vis ça en secret ! ». Me taire??? Non, il n’y a pas de honte à avoir. Me taire car cela lui appartient dans son intimité ? Je ne sais pas..

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6 comments on “Un tabou, une intimité… Où est la frontière ?”

  1. Bonsoir,
    Bonne question. Je ne saurai pas répondre. Mais vous vous en avez besoin et vous parlez avec beaucoup de pudeur, de tendresse que je ne suis pas choquée. Après tout, n’est-ce pas cette Société qui censure ? En tant qu’être vivant, pourquoi pourrions-nous parler de problèmes d’oreilles librement et pas du problème de santé de Saucisse ? N’est-ce pas nous qui nous censurons ? L’important c’est que vous vous sentiez « libre » face aux mots (maux). Il faut mettre des mots sur les maux pour pouvoir guérir. Vous vous savez le faire. Saucisse ne vous en voudra pas. Les secrets sont souvent plus lourds à porter que les mots dits. J’aime lire vos billets, j’ai souvent la larme à l’œil, je suis toujours très émue. Vous savez faire passer les messages. Je vous en félicite. Bonne nuit.
    @ +
    Ktil

  2. En faire un secret? Pourquoi? C’est une maladie que beaucoup d’autres personnes ont malheureusement!Ce n’est pas sale ni tabou! Après ne pas en parler pour préserver ta Saucisse, je peux comprendre. Mais tout ça est tellement personnel. Qui a le droit de te juger? De juger ta souffrance et celle de ton enfant? Qui a le droit de juger ta façon d’en parler, ta manière de sortir la tête de l’eau pour souffler de temps en temps? PERSONNE! Il y aura toujours des gens pour te dire que « c’est mieux de faire comme ça ». Mais en réalité toi seule peut savoir et sûrement pas les gens qui ne vivent pas ce que toi et ta famille vivez. L’essentiel c’est que ton chéri et toi soyez en accord avec tout ça et que tes enfants soient heureux malgré leurs soucis de santé. Et ça m’a l’air d’être le cas! En tout cas sache qu’ici, il y aura toujours un oeil pour te lire et quelqu’un pour te réconforter! <3

  3. Je suis totalement d’accord avec les précédents (et bienveillants) commentaires ! Je trouve que le blog est l’espace idéal pour parler de ça justement. Et cela te permettra peut être pouvoir échanger avec des personnes qui ont eu le même problème de santé ! S’il y a des personnes « choquées », et qui trouvent ton article impudique, c’est qu’elles ont elles-même un problème avec leur corps et ne sont pas obligées de te lire, tu n’imposes rien ! Je souhaite à ta saucisse de guérir très vite et de ne pas avoir de séquelles !!

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