Dans ce billet Le lichen scléro-atrophique chez mon enfant, j’évoquais la maladie de peau qui fait souffrir ma Saucisse. La médecine propose des traitements pour la soulager, traitements uniquement à base de corticoïdes et qu’une fois la crise installée. Rien n’est prévu en amont pour prévenir la crise, pour l’éviter. Une fois passée la phase d’observation des crises, nous voulions agir en prévention. Nous avons fait un lien avec l’apparition d’une crise à chaque poussée de croissance. Les hormones étant des déclencheurs. Les picotement annonçaient une déchirure à venir. La nécessité est à ce stade d’agir sur la souplesse de la peau, son hydratation et ainsi éviter la déchirure. Nous avons essayé avec énormément de satisfaction la Crème Chantilly by JLS. J’ai fait un retour sur ce produit dans ce billet.

Malgré nos efforts nous butions en touche. Je voyais ma puce se déchirer et avoir mal. Ce mal était en elle, son corps le fabriquait et nous étions impuissants. Il nous était impossible d’imaginer qu’elle puisse vivre cela toute sa vie. Quelle vie de femme pourrait-elle avoir? Après de nombreuses discussions et de conseils d’amis, nous avons décidé d’emmener notre puce chez un magnétiseur. Nous avions l’impression que cette partie de son corps était une « zone de froid » et qu’il fallait rétablir un équilibre de chaleur, de flux … Son corps réagissait comme une gerçure de froid. La peau blanche, les craquements, les déchirures…

Ce constat était juste une impression mais en aucun cas une analyse médicale ou rationnelle mais au point où nous en sommes, que risquons nous? Chaque décision vis à vis de son corps était prise en accord avec notre puce. Elle doit être actrice et être en plein accord avec les traitements. Nous sommes convaincus du pouvoir de l’esprit sur une guérison. Comment attendre une guérison si on n’y croit pas? Chaque crème était expliquée avant application, chaque remède appliqué également. Il s’agit de son corps. Nous tentons des choses mais elle est la seule à ressentir un mieux-être ou au contraire un inconfort.

Nous lui avons soumis l’idée d’aller voir un magnétiseur. Comment lui expliquer une telle discipline qui nous est à inconnue? « Tu sais ma puce, certaines personnes ont un don, une sorte de pouvoir de guérir … ». Je m’empêtrais dans des explications, pour lui avouer au final que je ne savais pas vraiment ce que ces personnes là étaient capables de faire, qu’avec son accord on voulait tenter, et croire en une guérison possible. Voilà l’explication qui lui a suffi: croire en une guérison.

Ma nature a vouloir essayer de contrôler un minimum les éléments m’a plongée dans des lectures.

Enquête sur les guérisons parallèles Françoise Perriot, Rémy Michel avec la collaboration de Jacques Maontagner

L’art du magnétiseur consiste à rétablir la santé en canalisant l’énergie curative par l’imposition des mains. La qualité de communication entre le guérisseur et la patient est essentielle tout comme le sont la réceptivité et la volonté de guérir de ce dernier […] Cette énergie – le magnétisme – existe dans tous les êtres vivants, de la conception à la mort, et c’est cette force vitale qui non seulement préserve notre santé, mais nous aide à guérir si nous sommes blessés ou malades.
[…] « Des expériences nous ont montré que les mains des magnétiseurs « reconnus » , ainsi que des personnes atteignant le même seuil de sensibilité, produisent les mêmes effets qu’un petit aimant. Nous en déduisons que l’organisme de ces personnes bénéficie d’un supplément de magnétite, qui serait aussi logée dans l’articulation de leurs doigts, à la différence de la majorité de la population », notait de son côté le physicien Yves Rocard, dans un ouvrage consacré aux sourciers […]
Une énergie qui a la capacité d’agir sur la reconstitution des cellules vivantes.

Maîtriser les informations pour au final maîtriser ma peur. Oui j’avais peur. Peur que cela fasse mal à mon enfant, peur que cela lui aggrave sa maladie, peur de lui mettre des faux espoirs, peur que cela ne fonctionne pas. Peur d’avoir échoué. Même si je sais que je ne suis pas responsable de cette maladie, en tant que Mamá je me sens responsable de sa souffrance. Aucun parent ne peut supporter voir son petit avoir mal. Combien de fois j’ai voulu lui prendre sa douleur, me disant que moi je peux mettre de côté ma vie de femme, mon intimité et puis j’ai déjà des enfants … Le plus difficile est de lâcher prise dans cette culpabilité.

Saucisse est allée 3 fois en une semaine chez le magnétiseur. Il a clairement ressenti une inflammation et a « travaillé dessus ». Notre puce s’est laissée aller aux soins, en toute confiance. A chaque rdv, un large sourire l’accompagnait, une envie de vaincre, de combattre. Car oui son corps a entamé un combat. Chaque séance la fatiguait, elle s’écroulait de sommeil, une grande fatigue l’engloutissait. Mais elle y retournait avec conviction. Le magnétiseur l’avertit que les séances peuvent déclencher une crise, peut-être plus forte que les autres. Cette idée là m’a terrifiée. Car là nous allions être responsable de sa douleur, car nous parents avions décidé de l’emmener chez le magnétiseur et de l’exposer aux effets secondaires. Saucisse n’était pas inquiète et ne l’a jamais été. Elle était en confiance  et savait qu’une fois cette crise passée tout irait bien, tout irait pour le mieux. Elle croyait fermement en la guérison. Alors j’ai lâcher-prise. Je lui ai fait une fois de plus confiance et je me suis laissée guider. J’ai préféré ne plus l’accompagner aux séances, superstition que ma peur contrecarre les effets. Le ChefChronique était à ses côtés. A la fin de la 3ème séances, ils rentrent tous les 2 avec un « c’est fini Mamá, le magnétiseur a dit que c’était fini!! ». J’ai du mal à le croire, je lui fais répéter une fois , deux fois, trois fois … « oui Mamá il m’a dit que pour lui je ne n’étais plus malade »

2 semaines se sont écoulée depuis la dernière séance. Notre Saucisse est rayonnante. Elle n’a plus aucune douleur. Son ventre ne la tiraille plus, plus de déchirure, même après les selles, plus d’inconfort sur sa petite fleur … plus rien. Elle ne tire plus sur la couture de son pantalon. tous les soirs, elle se met sa crème, toute seule, pour assouplir sa peau.

Je suis là sur son lit à l’écouter me raconter sa journée. Je suis là à la regarder belle et apaisée et les larmes coulent  toutes seules. Impossible de les retenir mais au final à quoi bon les retenir. « Mamá se sont des larmes de joie? ». Elle a tout compris. « Mamá je sens que je suis guérie ». Je lâche mon angoisse de ne pouvoir la soulager, je lâche ma crainte de ne pouvoir l’aider. Je lâche cette boule au ventre.

« Mamá j’ai mal, ça pique!!! Mamá regarde ça se déchire! »

Ces mots frappent mon coeur, qui se déchire lui aussi. Je ne veux pas que cela recommence. J’ai tellement cru en cette guérison. La colère m’envahit. Colère d’avoir cru en tout cela. Colère d’avoir entraîné tout le monde dans cette folie. Colère d’avoir fait espérer ma puce. Colère d’avoir mis trop dans ces rdv, trop de prières, trop de moi, trop de mon enfant. Trop de tout et pas assez de recul. Mais je suis ainsi. Incapable de ne pas mettre de sentiments.

Le ChefChronique rappelle le magnétiseur, alors que moi je ne voulais plus en entendre parler. Á quoi bon? Le rdv est pris pour le soir. Je les accompagne juste au cas où. Au cas où de quoi? Je ne sais pas. Juste pour essayer de « maîtriser » ce qui n’est pas. Les mains apposées sur notre puce et le magnétiseur nous dit qu’il y a une toute petite inflammation et que la crise est toute petite, que ses reins sont fatigués (il faut qu’elle boive !!!).

« Madame c’est bon pour cette fois. Maintenant on va la laisser tranquille, on va laisser son corps faire le reste. Arrêtez tout, arrêtez toutes les crèmes pendant quelques temps. »

Le temps. Voilà se dont ma puce a besoin, voilà ce dont son corps a besoin pour réagir à tous ces soins.

Bientôt 3 semaines que ce temps passe. Notre puce se sent complètement libérée de cette douleur au ventre. Elle ne nous en parle plus. Elle va aux toilettes sans s’en rendre compte comme si c’était quelque chose de naturel (ce qui est le cas au final). Elle vit tout simplement.

Je ne sais pas comment expliquer ce que le magnétiseur a fait, je ne sais pas s’il s’agit que d’une accalmie ou d’une guérison? Je ne sais pas. Mais pour le moment c’était une bonne décision.

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5 comments on “J’ai emmené mon enfant chez un magnétiseur”

  1. Je sais que tu as pris les bonnes déscisions ! Et ton mari à bien fait de l’emmener encore! Quand aux prières je ne connais pas aujourd’hui quelque chose de plus puissant … je vous embrasse ❤

  2. C’est merveilleux que cela porte des fruits, et même si ce n’était qu’une accalmie et que cela devait revenir un jour, est-ce que ce répit ne serait pas déjà une bonne nouvelle en soi ?
    Je vous embrasse bien fort.

  3. Lire que les méthodes parallèles peuvent réellement apporter une amélioration me donne de l’espoir. J’ai 29 ans et je suis moi même atteinte par cette maladie. Malheureusement, ma gynécologue de l’époque n’a pas su voir le problème et m’indiquait que mes douleurs étaient psychologiques… Durant des années je me suis plaint… C’est mon médecin traitant qui a fini par m’orienter vers un dermatologue spécialiste de la région vulvaire. Au premier coup d’œil, il a vu que j’étais atteinte du lichen. Mes petites lèvres ont diminuées de taille vu que la maladie a évolué longtemps sans traitement. Aujourd’hui la maladie est plus ou moins stable avec des périodes de poussé mais pour l’intimité, c’est une autre histoire, je suis désemparée et seule dans cette galère. J’espère que ça ira mieux pour votre puce. De tout cœur avec vous et la petite.

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