Mes gones, des petits curistes à Luchon

 

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Premiers pas dans les thermes. Premières sensations : une forte odeur de soufre, d’œuf pourri. Beaucoup de monde en peignoirs et tongs qui déambulent. Du personnel blanc vêtu, stylo à la main pour checker chaque soin. Des sifflements, des grondements, des pas encore et encore.

Au milieu ? Zebulon a le tournis, regarde tout, encore et encore, en perd la tête et l’équilibre tellement que tout se mêle. Nous cherchons notre chemin, nos repères, nous cherchons notre ORL. Notre démarche hésitante est vite repéré par le personnel. De leur voix chantante, nous sommes guidés et emmenés à bon port.

Saucisse prend vite ses marques. Les soins ne lui sont pas inconnus. Elle se laisse guider et découvre chaque étape avec sérénité. Les croix face à chaque sois marque sa réussite et le fait qu’elle ait tellement grandi depuis un an. Un an durant lequel, elle a pris en maturité. Un an durant lequel, elle a senti un mieux-être. Un an durant lequel, elle a ressenti le bien fait de la cure et que chaque étape est nécessaire vers la guérison. Elle a vraiment pris conscience que ces soins, elle les fait pour elle, pour sa santé, pour son futur. Nous ne sommes là que pour l’encourager et l’accompagner. Elle est maître de ses soins et là, elle le ressent vraiment.

Zebulon quant à lui, s’en remet à nous. Il doit nous faire confiance et comprendre que tout ceci est pour son bien, est encore un peu difficile pour lui. Les cris ont été sa première réaction. Je lui parle encore et encore. J’essaie de lui faire verbaliser ce qu’il ne parvient qu’à cirer ! Son visage se couvre de plaques jours puis son corps. Tout son être est angoisse et stress. Que faire, il n’est que 7h30 et nous n’avons pas encore commencé. Nous n’avons pas encore vu l’ORL. Il refuse que son papa s’occupe de lui. Je le câline et j’écoute sa colère et sa peur.

Chaque poste de soin le chamboule. Il entend nos explications, ce que nous attendons de lui et sa réponse est systématique « je ne veux pas le faire. J’ai peur ! ». Je lui explique chaque objet, puis je détourne leur utilisation. Un long tuyau se transforme en un instant en un serpent coquin qui adore chatouiller les narines. Un embout nasal ressemble aux antennes d’un caracol qui gambade sur son visage. Et dans le masque de l’aérosol, il est rigolo de crier dedans comme dans un tunnel !

Le rencontre de l’ORL marque un temps fort. Rencontrer celui qui va pratiquer les soins quotidiens, les soins les plus désagréables et impressionnants. Celui aussi qui réconforte et encourage par un mot doux et un bonbon ! Malgré ses appréhensions, Saucisse passe la 1ère, pour montrer le chemin à suivre en grande sœur ! Elle fait la forte, elle ne montre rien et me chuchote que ça aspire fort. Rien ne transparait, elle sait à quel point son attitude va conditionner son petit frère. Que de pression pour ma petite guerrière.

Zebulon est tétanisé. Il hurle à l’approche du soin, se débat et hurle qu’il a peur. Je le bloque, je le sers si fort que mon coeur en est compressé. Je chante doucement au creux de l’oreille mais ses cris sont trop forts. Puis je sens qu’il lâche prise, seuls ses hurlements résonnent dans le cabinet. Il sait que rien ne sert de se débattre car il devra faire les soins. L’ORL fait preuve de beaucoup de patience et de pédagogie et s’en remet à nous pour gérer notre enfant en fonction de son caractère, son âge et son vécu ORL. A chaque fois, c’est moi qui prend la décision du début du soin et de la manière dont je dois aider mon petit.

Nous sommes à J3 de la cure. La fatigue commence un peu. Les siestes se rallongent ! Les gones prennent leurs marques et connaissent tout le personnel et plaisantent avec eux. Les soins se succèdent et ne se ressemblent dans leurs principes mais pas dans la manière de les aborder. Saucisse est constante dans les soins même si elle essaie d’en raccourcir le temps. Arriver à 9h30 et en repartir à midi, c’est long ! Zebulon comprend mieux l’organisation. Il attend avec gourmandise chaque fin de soin pour manger des bonbons !!! Il nous impressionne par sa force et sa maitrise. Aidé par un traitement homéopathique, il gère mieux sa peur.

La cure c’est une épreuve pour les petits mais aussi pour nous parents. Nous avons décidé de vivre ce séjour bien différemment que l’an dernier. Bien sûr l’environnement joue énormément. Cette année notre logement est sain et la cure est adaptée pour accueillir des petits. Nous avons décidé de vivre ce moment comme un choix et non comme une contrainte. Ne plus se lever le matin, en se disant « nous devons y aller », « nous sommes obligés » mais plutôt comme un réel choix. Oui, nous avons choisi d’aller en cure pour le bien-être de nos petits. Nous avons pris la décision que chaque soin est un plus pour la santé de nos enfants. Ce choix nous l’exprimons à Saucisse et Zebulon. Nous leur expliquons qu’ils choisissent de faire les soins. Ils ont le droit de ne pas vouloir le faire. Ils sont maîtres de leur bien-être et qu’ils ne doivent en aucun cas faire les soins pour nous, pour nous faire plaisirs. Notre amour ne dépend pas de leur « acceptation ». Cette démarche les rend responsable de leurs choix et actes et c’est impressionnant comme ils réagissent. Ils ne sortent plus de la cure en nous disant « tu as vu Mama j’ai bien fait les soins, tu es contente ? » mais « je me sens mieux et ça va faire du bien à mes oreilles ».

Vous pouvez être fiers de vous les enfants !!!

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4 Replies to “Mes gones, des petits curistes à Luchon”

  1. Plein de courage à vous tous !

  2. C’est super que les choses évoluent bien ! Et je pense aussi que le fait d’être en famille tous les 4 est quand même un gros plus, après les soins du matin, il reste le temps de vacances du reste de la journée !
    Plein de gros bisous à vous 4, et bonne suite de cure !

  3. Ils sont courageux les gènes. Bravo! Bravo aussi aux parents qui sont là sans faillir. Bonne continuation. Bisou

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