J’ai longtemps cru ou voulu croire qu’en étant une maman, je me devais pouvoir pallier à tous les maux de mes enfants. Avoir la faculté d’être « La » personne qui peut soigner et panser le coeur de mes petits. Notre parcours ORL m’a bousculé dans cette pensée et heureusement. Je devais admettre que je ne pouvais me substituer aux médecins, la chirurgie était nécessaire. J’étais alors impuissante. Toutefois mon coeur de Mamá ressentait à chaque fois que quelque chose n’allait pas. Comme un radar qui faisait que j’appelais à l’aide. « Mon petit n’est pas comme d’habitude …. « . Signal qui ne m’a jamais trahit … encore aujourd’hui ….

« Mamá je déteste l’école ! », une phrase qui hante nos journées et nos nuits à la Casa depuis septembre. Zebulon était en souffrance intérieure et nous devions agir. Des mois à essayer les conseils piochés ici et là. Nous avons mis en place tout ce que l’on pouvait en tant que parents pour l’aider. Mais l’angoisse et la peur étaient plus fortes que nous, plus tenaces que notre amour de parents. Mais surtout, nous ne parvenions pas à apaiser notre petit. Nous étions impuissants. Seul notre radar nous disait qu’il fallait que nous demandions de l’aide, qu’il fallait agir. Nous avons pris alors la décision d’emmener notre enfant chez un psychologue.

Lundi, un jour comme un autre, un début de semaine comme les autres … mise à part que nous sommes là tous les 4, assis sur le canapé de la psychologue. Tous les 4 face … à elle mais au final à nous-mêmes. 2h à nous raconter, 2h à entendre notre petit sortir son mal. 2h de mots qui font échos en nous, qui résonnent dans notre être.
Zebulon était en demande de cet échange. Une fois la confiance installée, Zebulon a pu verbaliser ce qui le rongeait, ce qui le paralysait. Sous le « je déteste l’école, ça me casse les oreilles tout ce bruit ! », il y a avait la peur du bruit. Physiquement ses oreilles vont bien mais son coeur a peur « j’ai peur du bruit, j’ai peur d’avoir mal, j’ai tellement eu mal ! ». Voilà les mots sont posés. Nous sommes là, assis à regarder notre petit fondre en larmes et criant sa peur, sa peur d’avoir mal. Nous sommes en plein dans la mémoire de la douleur. Je vous en avais parlé dans ce billet Parlons de la douleur chez l’enfant, de la mémoire de la douleur.

Nous voilà embarqués dans un réel travail sur nous. Quelle est notre part de responsabilité dans cette situation? Pas question de parler de culpabilité mais plutôt en quoi notre comportement, nos mots, notre histoire peuvent avoir une résonance sur notre enfant? Comprendre nos mécanismes de protection pour apporter sécurité à notre enfant.

Le constat est là, Zebulon est paralysé par cette peur du bruit, entraînant un début de phobie scolaire. Il est nécessaire d’agir.

Avec notre aide, Zebulon doit se fortifier et gagner toute la sécurité intérieure nécessaire pour passer en douceur les moments de séparation et vivre une belle journée de classe.
Pour cela nous devons nous assurer que l’environnement dans lequel évolue Zebulon est sécurisant. Nous avons la chance d’être dans une école à l’écoute et avec une maîtresse bienveillante et attentive. Forte de cet environnement, il était alors possible d’affirmer chaque jour avec teneur et sérénité que tout va bien, qu’il va passer une belle journée. « Rester bien en place » pour lui dire qu’il n’a rien à craindre et que l’école est un endroit bon pour lui.
Au fur et à mesure des jours, Zebulon se fortifie peu à peu de nos croyances profondes. Un mois que les cris et les pleurs laissent place au soleil dans son coeur. Chaque jour, nous lui rappelons qu’il est le chef de ses émotions et de la météo de son coeur. Il a le choix et la force en lui pour chasser les nuages de la peur et faire briller le soleil de la sécurité intérieure. Ce travail se construit chaque jour un peu plus. Zebulon prend un peu plus confiance en lui. Nous travaillons à qu’il reprenne une meilleure estime de lui-même , en l’encouragement sur ses progrès. Chaque jour un petit pas de plus.

Le soir, nous lui faisons raconter les petits moments de la journée qui ont été agréables et ceux qu’il voudrait changer. Les enfants ont les ressources pour que ces moments, grâce à leur imaginaire, deviennent plus confortables. Faire des exercices de méditation notamment grâce à l’ouvrage Calme et attentif comme une grenouille peut également permettre à l’enfant de s’apaiser. Nous débutons tout juste avec Zebulon les exercices.

Chaque membre de la famille se repositionne avec teneur. Saucisse dans son rôle de grande soeur mais aussi le ChefChronique dans sa force à redonner à chacun de nous notre place. En tant que père, il intervient comme un véritable acteur de « défusion » avec moi. Partager encore plus de moments complices à 2, entre hommes. Faire que Zebulon grandisse dans sa propre sécurité intérieure et qu’il puisse trouver ses propres ressources pour affronter ses frustrations et tout ce que le Monde va lui opposer sur sa route. Moi en tant que Mamá, je travaille sur ma propre histoire. Les enfants ont cette intuition de toucher nos fêlures intimes. Par ses cris et ses « Mamá ne me laisse pas là!!! », Zebulon fait échos à ma blessure d’abandon. Travailler sur ma propre sécurité intérieure pour fortifier celle de mon enfant.

Un mois que cette nouvelle aventure a débuté à la Casa. Nous en ressentons tous les bienfaits. Nous sommes encore plus convaincu du chemin que nous avons entrepris avec nos enfants. Leur apprendre à gérer leurs émotions passe aussi par notre propre travail sur nous et nous remettre aussi en question. Mieux nous connaître, pour mieux comprendre et mieux transmettre.

Emmener notre enfant chez le psy a été l’une de nos meilleures décisions de parent.

Merci à nos amis, à la maîtresse de Zebulon, qui nous ont amené sur ce chemin.

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4 comments on “J’emmène mon enfant chez le psy.”

  1. Nous avons emmené Poupette chez un pédo psy il y a quelques temps.
    Nous ne l’avons pas vécu comme un échec, au contraire, nous nous sommes dit que cette démarche était pour elle, pour qu’elle aille mieux.

  2. C’est super quand ça se passe ainsi. Pour ma petite-fille, ça s’est pas trop mal passé jusqu’au moment où elle s’est aperçue que le psy racontait tout à sa mère et là, c’était fini, elle n’a plus voulu y retourner.
    Bon dimanche, MB2

    • La psy a fait une énorme faute. Ce temps doit appartenir à l’enfant et il a le droit au secret médical. Nous les séances ont été en notre présence mais nous restions silencieux et discrets quand Zebulon s’exprimait.
      Bises et bon dimanche

  3. J’ai aussi ce livre à la maison, je l’ai acheté pour Raphaël, qui a parfois du mal à laisser retomber la pression. Et je vois la différence quand nous faisons les exercices régulièrement, d’ailleurs, il faudrait que nous repartions pour une petite session.
    Je pense qu’aller chez un psy n’est pas un aveu d’impuissance, au contraire, c’est une belle preuve d’amour que de comprendre que parfois l’amour justement ne suffit pas, et que l’on a besoin d’un intermédiaire pour que chacun reprenne confiance en soi.
    Gros bisous !

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