La maison est plongée dans le noir, tu devrais dormir depuis bien longtemps. Et pourtant nous sommes tous les 2 dans ton lit. Tu me regardes avec tes grands yeux verts. Tu me vois pleurer face à toi et déverser un flot de paroles. Je ne sais pas si tu comprends ce que je te dis, je ne sais pas si tu entends ce que je te pleure. « Tu es triste Mamá ? »

Oui je suis triste mon Zebulon…
Je voudrais te hurler que j’en ai assez que tu te mures. Je voudrais frapper tes oreilles pour qu’elles cessent de te kidnapper, pour qu’elles me rendent mon fils. Je voudrais crier que je suis inquiète et que je ne sais pas.

Je voudrais pouvoir me contrôler, gérer moi-même ma colère qui me transporte. Des soirs comme aujourd’hui où tout bascule, où tout perd contrôle. Où tu exprimes tes émotions et que je suis moi-même incapable de les entendre. Ou peut-être que je les entends si fortes tellement qu’elles sont miennes.

Nous nous ressemblons tellement toi et moi. Nous nous nourrissons des autres, nous nous réjouissons des petits bonheurs avec fougue, nous nous révoltons contre l’injustice, l’isolement… l’abandon. Être au coeur de la vie, vivre les choses avec coeur.

Ta colère, je la vois, la sens et je la comprends. Tu entends moins, tu contrôles moins et tu te mures. Et quand cette bulle est trop lourde, tu exposes à en perdre haleine, à en perdre raison. Tu frappes tout et tout le monde. Tu cries sur tout et pour tout. Tu secoues ta tête en murmurant et je suis de l’autre côté de ton mur. Impossible de t’approcher à moins de prendre un coup. Plus je m’approche plus tu secoues ta tête, à t’en donner le tournis. Tes murmures ressemblent à une complainte entêtante. Et je suis spectatrice.

Ma peine est là. Tu la ressens, tu la vois et tu redoubles de colère. Tu cries encore et encore. Je sais que tu as besoin de moi, je sais qu’il faut que j’arrive à créer un contact physique, que j’arrive à te câliner pour que tu lâches prise. Pour que tu fondes en larmes, que ton mur tombe.

Je sais tout cela. Et pourtant ma colère est là. Mes mots dépassent ma pensée, ma main dépasse ma raison… Moi qui t’explique jour après jour, que la colère n’apporte que peine et violence. Que l’on ne résoud rien ainsi.

Je suis dans ton lit en pleurs. Je te demande pardon de ne pas arriver à contrôler ma colère. Pardon de ne pas parvenir à écouter mon coeur de Mamá qui sait ce qu’il faut faire. Je me suis laissée kidnapper par ma colère, mon inquiétude, ma peine…

J’ai fermé la porte. Tu m’as prise dans les bras et j’ai senti tes larmes.

Jeudi nous avons rdv chez Dr. Tonton.

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5 comments on “Ferme la porte… que je pleure…”

  1. Je vais redire la même chose que les commentaires précédents et tu le sais.
    Je me reconnais dans la mesure où j’encaisse tout pour tout le monde, mais cela ne sort que très peu et violemment. C’est pour çà que je préfère être seule quand je sais que celoa va sortir.
    Bon courage et gros bisous à tous MB2

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