« Emmanuelle n’a jamais connu que le silence. Alors, pour s’évader de cette prison, pour clamer son existence, elle s’est mise à crier. Des cris d’oiseau de mer,  disaient ses parents. C’est ainsi qu’elle est devenue la mouette… »

Voici un extrait de la 4ème de couverture du roman Le Cri de la mouette écrit par Emmanuelle Laborit. Ce roman autobiographique écrit en 1994 retrace l’enfance d’Emmanuelle, née sourde profonde. Un texte poignant parfois même brutal. De sa souffrance de ne pas mieux communiquer avec ses parents entendants, à son apprentissage seulement à 7 ans de la langue des signes, ce livre nous plonge dans ses émotions. Émois d’adolescente mêlés de colère et de soif de liberté jusqu’à trouver sa place sur les planches du théâtre, où elle triomphe dans Les enfants du silence et remporte le Molière de la révélation théâtrale.

Je vois comme je pourrai entendre. Mes yeux sont mes oreilles. J’écris comme je peux signer »

En lisant ce livre, je revoie mon Zebulon hurlant et être terrassé par la colère quand il n’entend pas correctement. Je revois mon petit marcher pied nu pour sentir les choses vibrer. Je pleure en sentant ce mur qu’il y a entre les 2 mondes. Je ressens ce livre avec une vive émotion et pourtant je ne me sens pas légitime de ressentir ceci. Mes enfants ne sont pas sourds. Mes enfants ont des problèmes d’audition mais tout ceci est normalement temporaire. Pourtant je suis profondément émue. Pourtant je comprends encore plus mes petits suite à cette lecture, lors de leur isolement, quand ils sont dans leur bulle. Contrairement à l’écrivain, dans leur isolement mes petits souffrent de ce monde du silence car ils ont connu les sons. Elle l’explique très clairement lorsqu’elle aborde les chirurgies auditives. Comment peut-on souffrir de quelque-chose que l’on ne connaît pas? Cela soulève des interrogations sur la volonté qu’ont certains chirurgiens de faire « entendre » un sourd, à tout prix. Le chemin n’est il pas ailleurs notamment sur l’accessibilité des sourds à un enseignement supérieur, aux informations, à la prévention, à la vie tout simplement?

Je suis effarée que la langue des signes aie été si longtemps interdite. Nous rappelant que l’inconnu fait peur. Ce que l’on ne comprend pas, ce qui nous échappe peut tellement entraîner un jugement. Jugement qui nous éloigne les uns des autres.

Ce livre m’a profondément ému. Une plume sèche certes mais pleine d’émotions. Un récit que je vous conseille. Vous pouvez trouver ce livre sur Amazon.

image

Rendez-vous sur Hellocoton !Mamá Chronique

2 comments on “[Envie de lire] Le Cri de la mouette Emmanuelle Laborit”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *