Noël, ses lumières, ses senteurs de pain d’épices, de cannelle, ses contes, l’excitation des enfants qui grandit de jour en jour. Chaque année je plonge dans cette frénésie, cette folie des achats pour faire plaisir, de gourmandises qui embaument la maison, cette sur-enchère parfois de décorations pour que tout brille, tout scintille. Faire naître la magie, recouvrir un vague à l’âme par une couverture de paillettes.

Oui voilà ce que je fais à Noël, j’essaie de réchauffer mon cœur par une couverture de magie. Chaque année, je me promets que ce sera différent mais chaque année mon cœur est lourd à cette période. Les blessures d’enfance ressurgissent. Mes demandes au Père Noël sont restées trop longtemps sans réponse. Que pouvait bien faire le grand barbu avec ma demande? « Papa Noël je voudrais pour Noël que mon papa et ma maman frappent à la porte, qu’ils veuillent de moi … ». Cette lettre n’était pas écrite car je n’avais personne à qui l’écrire et je ne voulais pas que ma grand-mère la lise, pour ne pas lui faire de la peine, pour ne pas la mettre en colère. Pour ne pas devoir justifier cette peine tellement compréhensible mais qui m’était interdite d’exprimer. Ne jamais parler de ma mère, ne jamais parler de mon père. Des gros mots qui frappent comme des tabous, ne jamais parler d’eux, jamais … Alors je regardais par la fenêtre, à chercher une étoile et je formais ce vœux, espérant que la magie de Noël agisse.

J’espérais, j’attendais, l’excitation m’envahissait, persuadée qu’à un moment donné quelqu’un sonnerait à la porte. Il ne pouvait pas en être autrement !! Il y a bien des miracles ce jour là alors pourquoi pas le mien? Je me berçais d’illusions, d’excuses pour un retard … pour une absence et puis la tristesse m’envahissait. Je faisais en sorte que cela ne se voit pas. Je ne voulais pas leur donner raison. « Tu vois il faut les oublier! ». Je chantais à tue tête, criais à gorge déployée, créant un tourbillon du bonheur. Tourbillon que je voulais suffisamment fort pour m’emmener sur son passage, espérant qu’il m’emporte réellement.

Et rien ne se passait. Une déception de plus. Un poids de plus et au final cette colère contre moi d’avoir espéré une fois de plus, une fois de trop. Je n’étais qu’une enfant.

Les années passant, je ne crois plus au miracle, enfin un peu moins, certainement parce que je connais mieux la nature humaine. Je me suis rendue compte qu’il ne suffit pas de retrouver une personne pour faire d’elle un père ou une mère. Les liens d’amour ne se trouvent pas dans un paquet cadeau. On ne peut pas réparer un passé juste en dégustant une bûche de Noël. Et puis, je serai bien « embêtée s’ils débarquaient pour Noël. Je ne saurais et voudrais pas leur faire de place. Trop tard… J’ai essayé et cela m’est impossible.

A cette période de l’année, j’ai le vague à l’âme car je n’arrive pas à m’enlever cette peine. Je vois mes enfants s’émerveiller, attendre avec impatience la veillée de Noël, je pâtisse avec eux pour que la maison sente la cannelle, je décore le sapin pour qu’il brille pour eux, je les regarde et je cherche ma couverture. celle qui pourrait réchauffer mon cœur d’enfant. Oui Noël me fait toujours aussi mal. J’aurai aimé, j’ai espéré qu’en devenant Mamá cette douleur disparaisse. Vivre par procuration leur Bonheur. Tout comme la fête des mères, mon anniversaire. Mais il n’en est rien.

On me dit souvent que l’essentiel est la famille que je construis, celle qui me donne de l’Amour, celle qui me fait avancer. Oui c’est indéniable. C’est ma Casa qui remplit mon cœur d’adulte, qui me comble. Mais mon coeur d’enfant lui est toujours orphelin à cette période. Et je dois apprendre à vivre avec cela.
Alors si je devais faire un vœux cette année, si je devais croire en la magie de Noël, je voudrais que cette petite fille cesse d’avoir mal. Qu’elle déchire cette lettre, cette prière aux étoiles. « Papa Noël je voudrais cette année un coeur bien chaud, en sécurité, un coeur qui ne pleure plus. Un coeur qui se gonfle de Bonheur rien qu’en regardant ma Casa, sans ne plus regarder en arrière. »

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2 comments on “Noël, mon vague à l’âme”

  1. Ma belle, cela me rend triste de lire ton article, j’aimerais pouvoir faire quelque chose mais je sais bien que ce n’est pas en mon pouvoir … alors je contenterai de t’envoyer mille baisers d’amitié sincère …
    A partager avec tes petites tornades et ton homme, bien sûr …

  2. Le pire est que ta génitrice ne te lira jamais car elle ne veut rien avoir à faire avec toi, si j’ai bien compris.
    Bon courage et gros bisous MB2

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