Mes jambes se dérobent sous mes pieds, le souffle me manque, je finis ma course, j’arrive sur la ligne d’arrivée de mon histoire.

Mon silence me trahit. Les mots peinent à sortir. Mes sentiments se bousculent. Je finis cette aventure … avec ma mère.

33 ans de recherches qui ont aboutis il y a un an. Une mère, une fratrie et mon histoire.Relations chaotiques. Comment faire avec des personnes que l’on ne connaît pas? Chacun arrive avec ses bagages, chacun essaie de se faire entendre. Les mots blessent, le ton monte et au final on ne se comprend pas.

Puis il y a le silence de ma mère. Un an depuis sa venue . Un an depuis son départ en colère. Puis rien. Un silence qui fait du bruit dans mon coeur.

Ce silence s’est brisé il y a quelques jours, aussi violemment que la première fois. Sans prévenir, sans ménagement. Un appel pour me faire des reproches, un appel pour me dire quoi écrire ici, un appel pour tenter le contact. Des mots rudes, des mots qui blessent, nous ne parvenons pas à nous entendre. Nous ne parvenons pas à nous parler. Au milieu de ce brouhaha de sentiments, le ton s’apaise parfois, les mots s’adoucissent un peu et on parle …

On parle mais nos paroles sont teintées de reproches pour ma part, de colère de nous 2 et de peine. Quel gâchis tout ceci. Les minutes défilent et je ne sais toujours pas quoi faire de cette relation. Je ne sais pas quoi faire d’une mère, de frères, de soeurs …

« Pourquoi es tu revenue? Que cherchais tu? « .
Quelle douleur d’entendre ces mots! Je veux dire que j’existe. Je veux écrire mon certificat de naissance … mais pourquoi se justifier? Pourquoi un enfant doit expliquer pourquoi il est encore là malgré son abandon? Pourquoi dire pourquoi on vit?

Au fil de notre conversation, je prends conscience d’un sentiment. Une vérité qui me frappe. Je la respecte en tant qu’être humain mais pas en tant que mère. Ce constat est terrible mais tellement réel en mon coeur. Partant de là, comment établir une relation avec elle avec honnêteté? Comment construire quelque chose si au fond de moi je ne le veux pas? Soyons vrais. Soyons honnêtes avec nous même. La vérité n’est pas nécessairement confortable mais libératrice.

Je prends une grande inspiration. Je pèse mes mots. Je lui dis que je préfère ne plus avoir de contact avec elle. Je ne veux plus qu’elle m’appelle, qu’elle débarque chez moi sans prévenir à la Casa, qu’elle fasse ingérence ici ou sur Facebook. Je lui dis que je ne sais pas quoi faire d’elle dans mon coeur et que tant ce sentiment sera présent, je ne veux pas de lien. Je ne pourrai pas être honnête si je me forçais et cela ne me ressemble pas.

Nous nous promettons ce pacte. Plus de contact. Et la fratrie? Ses mots tombent comme une punition: « aucun lien avec eux tant que tu n’en auras pas avec moi ». Le couperet tombe encore. A eux d’en faire ce qu’ils en veulent …

Cet appel se termine, teinté de colère, de peine, de mots doux, d’amertume, de rancune, de vide …… et d’honnêteté.
Je ne veux pas dire au revoir alors je raccroche avec un « à bientôt D. »

Ou pas …. un « à bientôt » sur un son d’au revoir …

 

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17 comments on “Je te dis « à bientôt » … toi ma mère”

  1. C’est fou mais je n’arrive pas à comprendre comment une Maman peut faire une chose pareille. Abandonner un enfant est souvent un acte d’amour, parce que l’on veut le proteger, offrir mieux, mais l’UN de ses enfants, mentant aux autres, c’est dur à comprendre. Mais c’est sûrement parce que je ne connais pas les détails. Et ce qui me perturbe, c’est comment ces autres enfants peuvent regarder encore leur maman normalement, sachant qu’elle a abandonné l’une d’eux. Qu’elle leur a menti. Qu’elle leur interdit de te voir. Et finalement, ils peuvent se dire: « ça aurait pu être moi! ». Je ne sais pas quoi en penser. Est-ce que je porte un jugement? Si c’est le cas je m’en excuse. Ce que je sais c’est que je t’admire. J’admire la force que tu as a affronter tout ça. Tu m’impressionnes. Et de tout coeur je souhaite que les blessures de ton âme s’apaisent et que toute ta famille trouve enfin la paix. Je pense fort à toi.

  2. Bonjour,
    Que dire ? Les géniteurs sont-ils primordiaux dans notre vie ?
    Une maman ou un papa de cœur ont-ils moins de valeur ?
    A réfléchir…
    Cela étant, tu es courageuse et c’est important de trouver une certaine quiétude.
    Soit en accord avec toi et TA famille.
    Bonne route….
    Douces pensées.
    @ +

  3. Si tu le permets je voudrais demander et dire quelque chose à Mme D.
    Comment peut on avoir une telle attitude des années après quand on est maman ?
    Je ne juge pas de l abandon. … Oh que non mais je condamne uniquement l attitude actuelle et cette aura de toute puissance qu on se donne pour interdire les contacts avec la fratrie. Ce n est pas digne d une maman. ..ce n est sûrement pas facile Mme d pour vous non plus mais on essaie de faire de son mieux et si on n y arrive pas on se fait aider, on prend son temps mais on ne remet pas une couche un an après pour pour suivre la destruction de l être de sa chair…qui n a rien demandé !
    Être mère c est aimer sans condition, c est protéger son enfant envers et contre tous et se dire que l enfant n est jamais responsable de ce qui a pu nous arriver.
    Mais la maman doit se sentir responsable de son enfant comme le petit prince se sent responsable de sa rose.

  4. Parfois, mieux vaut le silence que tenter vainement une relation qui donne creux quand on n’a plus de considération pour l’autre en tant que « parent » en effet. C’est le choix que j’ai récemment fait avec mon père, cette forme d’honnêteté, même si j’ai une histoire plus « simple » que la tienne.
    J’ai l’impression que cette dame manque de maturité et de recul (ou a peur de se faire déposséder de ses enfants restants si tu étais en contact et sympathisais vraiment avec eux) sur votre situation.
    En tous cas, bon courage et de la sérénité pour la suite !

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