« Trop bonne, trop c….. »

Depuis toute petite j’entends ces phrases « trop bonne, trop conne! » ou bien encore « tu es trop gentille, tu vas te faire avoir…! ». Phrases qui ont ponctuées ma jeunesse, phrases qui étaient censées me bouger selon les directives maternelles ou du moins qui devaient « préparer » ma carapace de l’âge adulte.

Dans les cours d’école, je n’étais pas la reine du bal, ni la jeune fille que tout le monde connaissait, l’incontournable. Plutôt d’un physique banal, je passais incognito surtout que je m’habillais qu’en noir. Tout cela me convenait bien. Comme cela j’évitais les guerres des vêtements à la mode, des tailles 36 … la guerre des miss. Je n’étais pas au coeur de toutes ces rivalités et tant mieux car finalement je n’avais pas les armes pour me défendre. Je ne savais pas jouer des coudes et des joutes verbales. Si par malheur j’étais mêlée à une « gueguerre » de midinette, me voilà submergée face à la cruauté et à la méchanceté gratuite. Je ne dis pas que je suis une sainte, loin de là, mais « trop bonne, trop c…. »

La vie professionnelle m’a plongée une fois de plus dans la jungle mais cette fois ci je n’ai pas pu l’éviter. Il a fallu que je me batte et que je fasse valoir mes capacités et mes acquis. Tout ceci n’a pas été sans difficultés, très souvent j’ai pliée face à des collègues pour ne pas rentrer en conflit. J’ai baissé la tête et je me suis excusée des milliards de fois alors que je n’aurai pas dû. Pourquoi créer un conflit face à des personnes dirigistes qui au final veulent avoir le dernier mot même si elles ont tord. Le genre de personnes qui n’entend pas les arguments en face et ne veulent qu’un « paraître ». Beaucoup considèrent mon attitude de faible. Je cède vite … mais finalement est ce que ces batailles sont utiles? Non, je ne crois pas. Des batailles de vanités, d’ego mal placé. Des batailles pour savoir qui a raison … J’ai laissé des litres de larmes au travail. Des retours à la maison avec les mêmes questions « pourquoi faut il se battre sans cesse pour toutes ces bêtises, le but est de faire son travail de son mieux et non des rivalités ? »

Mes rencontres amicales ont été aussi secouées par ces attitudes. J’ai fait le ménage, je ne peux être totalement sereine, entourée de personnes qui ont des oeillets où seule leur vision est la bonne. Il est primordial pour moi qu’il y ait un dialogue. On ne peut pas être d’accord sur tout et heureusement, c’est ce qui crée la richesse d’une relation. Difficile de parler avec quelqu’un qui automatiquement déforme tes paroles et pensées. Heureusement j’ai rencontré de belles personnes.

Je suis d’une nature à aimer parler, connaître les autres, partager. Partout où j’ai habité, je connaissais tous les voisins. Je ne peux prendre l’ascenseur avec quelqu’un sans lui adresser la parole. En un temps record, nous avons connu presque tous nos voisins et grâce à cela, des soirées apéros ont été organisées, de bons moments. Je suis le genre de voisine, à avoir de nombreux trousseaux de clefs, afin de relever le courrier et arroser les plantes des voisins en vacances. Je rends service et tout cela me semble bien normal. La vie est bien assez dure pour chacun si en plus on ne se rend pas service! Mais face à cette sollicitude, souvent je suis confrontée à des personnes qui en jouent. Ils usent et abusent … « trop bonne, trop c…! ». Ils se servent de ce qu’ils connaissent de moi et me le retournent en pleine tronche!!

Ma vie de maman m’a ouvert à d’autres rencontres. Des mamans à la sortie de l’école, au jardin d’enfants. Autant de rencontres qui me bousculent. Des personnes qui veulent encore t’imposer des idées, des façons de faire. Ne peut on pas seulement parler d’un sujet, d’une inquiétude ou d’une idée, sans pour autant avoir un avis tranché? Pourquoi veut on systématiquement imposer un système éducatif à l’autre alors que nous sommes tous différents? Nos paramètres de vie varient des uns aux autres, nos histoires et nos envies sont différents. Mais qui peut se vanter que chez lui c’est mieux?

Lorsque j’emmène Saucisse à l’école, systématiquement quelqu’un rhabille mes gosses, limite les mouchent ou me fait une réflexion sur ma façon de faire alors que je ne demandais rien à personne. Le ChefChronique me dit que mon visage accueillant fait que les autres font comme « chez mémé » et se permettent des choses envers moi qu’il ne ferait pas aux autres. Sûrement que je n’envoie pas les gens sur les roses et que indirectement je les laissent faire même si cela me peine et me dérange souvent.

Tout cela pour dire … que je ne comprends pas ce que les gens gagnent avec cette malveillance, cette attitude envieuse. Qu’est ce que ça apporte de rabaisser les autres, de les écraser et d’imposer ses idées? Pourquoi une telle soif de pouvoir sur son voisin? Je parait naïve avec de tels propos mais à chaque fois je tombe des nues face à de tels agissements. Que l’on explique ce que ça apporte et peut être que je changerai. Mais en attendant, il est évident que je me fais avoir, marcher dessus (enfin c’est ce que les autres pensent…) et que je me peine de paroles dirigistes, intrusives mais je suis ainsi et je crois que je préfère être « trop bonne … et eux trop c…. »

Et toi tu en penses quoi?

biz chez vous !!

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5 Replies to “« Trop bonne, trop c….. »”

  1. J’adore ton article. Je suis un peu « beaucoup » pareil.
    Et avec le boulot, c’est clair que c’est difficile. J’ai la chance d’être dans une ambiance non-hostile envers moi… je peux vivre tranquille.

    Bon courage pour la suite.

  2. Ce que tu dis c’est beau. Ça me touche aussi, j’ai longtemps été comme ça et… La vie s’est chargée, pas toujours tendrement, de m’apprendre à m’affirmer un chouille plus. Peut etre que se faire insulter chaque jour matin, midi et soir pendant 3 ans, ça joue.
    En tout cas, ce billet il me remue le bide, bravo!
    Je t’envoie pleins de bisous!

  3. Je te suis complètement dans ton analyse du « trop bonne, trop conne ». Je te rejoints pour la conjuguer au masculin. Pour moi, j’en arrive à penser qu’il faut être en accord avec soi-même. C’est souvent mission impossible d’envisager le plus petit changement. Alors je continue de fonctionner à l’affectif et tant pis si c’est une erreur. Bises chez toi ! Jeff

    1. De fonctionner à l’affectif permet de profiter au maximum des personnes qui tiennent sincèrement à nous!
      Merci de ta visite et de ton message. Certains billets de ce blog me sont plus personnels notamment ceux de la catégories « indiscrétions » , d’autres sont mes états d’âme de maman et mes découvertes. N’hésite pas à te balader et à laisser tes impressions, pour faire avancer le schmilblick et créer l’échange, qui est bien le but de tout cela …. Biz Jeff

  4. Hello ma belle !
    Ecoute, franchement, je préfère quand même être dans ce camp que dans celui des autres ! Et la gentillesse est une denrée si rare, de nos jours, qu’il faut la chérir …
    En parlant de chérir, comment va ta petite Saucisse ? Et que dis le chirurgien ?
    Gros bisous !

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