Ma Saucisse a fait de moi une maman, la Mamá de ma Casa. Chaque jour elle me rassure dans ce rôle par sa douceur son empathie et sa gentillesse. Elle me dit à quel point je suis une bonne maman, la meilleure pour eux. Comme si elle ressentait que j’avais besoin de ces mots pour grandir avec eux. Être celle qui répond à leurs besoins spécifiques, être celle qui saura être à leur écoute et prête à tout remettre en question si leur bonheur en dépendait.

Mon Zebulon me bouscule, me pousse dans mes retranchements. Rien n’est jamais acquis, comme sur un fil prêt à casser. Pas à pas il dessine en moi la mère que je deviens. Il me fait changer mon angle de vue. Me sentant peut-être être capable de voir le monde, son monde autrement et pourtant…

…. Pourtant je me rends compte que je ne comprends pas mon fils. Malgré mes efforts, il m’échappe. Je tâtonne chaque jour pour l’apaiser. Les émotions sont pour lui des montagnes russes. Il aime à la folie et il rejette jusqu’au dégoût. La colère explose dès qu’il y a peur ou qu’il est face à l’incompréhension de l’autre. Il pose des mots très lucides sur ce qu’il ressent mais il n’en gère aucunement leur écho. Voilà le monde fait écho dans son coeur, le brise ou l’éblouit mais il ne parvient pas à dompter ce fracas. Il a une toute petite estime de lui, doute de ne plus être aimé. Il dit à sa soeur « quand je te vois tellement heureuse quand tu joues sans moi, que mon coeur se brise et que j’ai l’impression que tu m’abandonnes. Tu ne comprends donc pas que je t’aime si fort! ».

Il sent le jugement qui pèse sur lui. Oui c’est un petit homme qui hurle de joie, qui te serre d’amour s’il est heureux de te voir mais il peut être froid, glacial, renfermé s’il ne se sent pas à sa place. Il n’a pas peur de défier s’il ne se sent pas aimé. Il est entier, il ne cherche pas à s’adapter, à se faire aimer. Il remarque tout de suite les personnes fausses, manipulatrices et il en joue, nous mettant bien souvent dans une situation délicate. Mais peu importe pour lui, on ne joue pas avec les sentiments.

Il regarde le monde tournoyer et ne rentre pas dans sa ronde infernale. Il est toujours un cran en écart, en observateur sans être à sa place. Mais cette place quelle est-elle? « Mamá, pourquoi les gens ne me comprennent pas? Pourquoi ils ne comprennent pas que je les aime ? ». « Pourquoi les enfants aiment aller à l’école? », « Pourquoi c’est si difficile parfois pour moi? Pourquoi c’est trop dur? »

Il cherche en moi une réponse, un guide dans ce flot d’émotions. Nous l’accompagnons avec l’aide d’une psychologue. Cet enfant pour qui rien n’a été simple depuis sa naissance, cet enfant qui offre un tel regard sur le monde, cet enfant atypique dans sa beauté, cet enfant qui demande notre aide.

Nous avons trop souvent expliqué des attitudes par son problème d’audition, sa douleur permanente. Nous nous rendons compte aujourd’hui que nous étions toujours en justification quand son comportement n’était pas celui « socialement attendu ». Nous nous justifions à chaque fois…. de ressentir une différence et le regard lourd pesé sur notre enfant qui nous brisait. Tout ceci aurait pu être qu’un ressenti parental mais il nous exprimait sa peine face aux autres « pourquoi il ne m’aime pas ? Pourquoi la famille n’invite que Saucisse et pas moi? ».

Son entrée à l’école l’an passé l’a confronté aux autres, au regard de ses pairs. Il est en décalage et ne veut pas y aller. Tellement de fois j’ai partagé ici ce mal-être. Tant de matins à l’entendre hurler « je ne veux pas aller à l’école, c’est trop nul! ». Il exprime alors à la psychologue sa déception face à l’école, car il n’apprend pas assez selon lui. Il n’est pas assez nourri intellectuellement et cela le fruste jusqu’à la colère! Colère qu’il exprime chaque matin face à ce bâtiment. Il veut écrire, faire des productions écrites et être reconnu en elles. Heureusement dans ce fracas, nous avons toujours croisé des maîtresses bienveillantes, à l’écoute. Des maîtresses pleines de bonne volonté pour faire que Zebulon trouve sa place. Et pourtant ce n’est pas suffisant….

Voilà une semaine que Zebulon va à l’école avec moins de colère. Un changement radical depuis que nous nous l’avons emmené passer des tests d’efficience intellectuelle (tests de QI et cognitifs). 3h de tests durant lesquelles il s’est régalé, il en demandait encore. 3h au service de lui-même où l’objectif était « de secouer les neurones pour mieux comprendre comme il réfléchit »
« C’est cela que tu veux? Que l’on comprenne comment ça se passe dans ta tête pour t’aider à être plus heureux? » lui demande le neuropsychologue. « Oui depuis le temps que j’attends ça ! »

Les résultats nous seront expliqués ce jeudi. Un moment important pour lui, pour nous, notre famille. Nous faisons peut-être totalement fausse route mais nous essayons, être parent c’est aussi se tromper. Quoiqu’il en soit nous allons en ressortir grandis de cette aventure.

Notre enfant va bien mais nous essayons de répondre à sa question « Mamá, pourquoi les autres ne me comprennent pas? » pour qu’il puisse continuer à grandir harmonieusement avec ce qui est!!!

 

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4 comments on “Mamá, pourquoi les gens ne me comprennent pas?”

  1. Ah ça oui, pas facile d’être parents, et nos petits hommes savent parfois nous rendre folles en étant parfois si lucides et pourtant si têtus et incapables de compromis …
    Plein de gros bisous à vous 4, il faut absolument qu’on se fixe une date pour se voir !

  2. Mon petit n’a pas les mêmes difficultés mais je suis déjà passée par la pour mon grand. Les tests de QI revelent parfois des choses étonnantes. Mon petit zebre s’est offert un QI de 143 pour son anniversaire la semaine derniere … Et il était fier de lui, on venait à l’origine pour voir s’il n’y avait pas un problème de motricité fine car même s’il sait faire les choses il ne veut pas écrire . Et comme son grand frère est passé par le même chemin …

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