Tu poses ici et là tes émotions mon Zebulon. Ou plutôt je devrai dire que tu les balances, tu les jettent vers nous. Comme une passe. Et maintenant j’en fais quoi ?

Les émotions. Ton moteur de vie, ton gouvernail. Rien ne se vit chez toi sans émotions, aucun faux semblant. Tout est noir ou blanc. Le gris est fade, sans saveur. Tu vis tout entièrement, dans la joie comme dans la tristesse.

Mais que de chemin parcouru ! Tu frappais ta colère (billet ici) à qui voulait ou pouvait l’entendre. Longtemps nous avons pensé que cette colère était due à tes douleurs ORL. Mais non, pas uniquement. Tes oreilles se sont apaisées, même si elles sont toujours en traitement. Mais elles ne te kidnappent plus. Les cris ont diminué, les colères hurlantes avec … pour laisser place aux mots.

Vous ne voulez pas que je sois heureux !

Je suis malheureux Mamá quand tu me disputes, mon cœur se brise !

Quand Saucisse ne veut pas de moi dans sa chambre, c’est comme si elle me rejetait pour toute la vie et ça fait mal!

Laisse moi seul, laisse moi avec ma colère, mon cœur devient noir. Vas t’en, laisse moi, vous ne me comprenez pas. Vous n’utilisez pas les bons mots, ceux là font mal!

Mamá pourquoi les autres ne me comprennent pas, pourquoi vous ne me donnez pas ce dont j’ai besoin, que vous me rendez malheureux!.

Pardon pour ce comportement Mamá c’est trop difficile parfois ce que j’ai dans le cœur …

Oui les mots ont laissé place aux cris, aux gestes qui frappent. Mais ils sont tout autant percutants. Ils ne laissent pas de place à l’interprétation, aux  « et si ? « . Ils sont bruts, sans arrondis, sans sous-entendus. Les mots frappent là où il faut. Ils se font entendre sans ménagement, sans détour, que tu sois prêt ou non. Il joue avec les mots avec humour, et humeur.
Zebulon rebondit sur chaque parole. Avec lui il ne faut pas employer un mot de travers car il le capte, le ressent, le dissèque. Chaque mot a son importance et peut prendre d’énormes proportions. Il est fréquent que je le retrouve reclus dans sa chambre, faisant danser un mot entendu dans sa tête, en pleurs. Prenant chaque mot à coeur. L’importance du poids de chaque mot.. Son coeur hurle à l’injustice, à l’indifférence, à l’exclusion, à l’incompréhension.

Vivre aux côtés de notre Zebulon, c’est vivre avec un feu d’artifice. On ne sait jamais quelle couleur va surgir. Une attente mêlée d’excitation et de joie. Puis les yeux rivés vers le ciel, le spectacle éclate. Les couleurs sont explosives, sans jamais se mélanger mais les unes à côtés des autres. Ce qui peut ressembler à une cacophonie n’est autre qu’un magnifique ballet aérien.
Vivre aux côtés de Zebulon c’est s’ouvrir à la palette des sentiments. Ce n’est pas aimer mais adorer. C’est manger chaque bouchée avec délice, plisser les yeux de bonheur sous les saveurs exquises même d’un plat de pates. C’est faire tomber le tee-shirt, transpirant pour suivre la musique, la ressentir, la vivre. C’est faire grésiller le poste de musique sous la dernière symphonie de Bach. C’est déchirer de fureur la feuille qui ne révèle pas le dessin tant désiré. C’est câliner à nous en couper le souffle. C’est une fureur de vivre.

Alors il nous lance sa balle de sentiments, on rentre dans le match. Pas le choix, impossible de rester dans les vestiaires ou dans les tribunes. Il ne suffit pas de le regarder, nous sommes partie prenante. On attrape la balle en plein vol, on jongle, on dribble. On mouille nous aussi le maillot et on lui redonne la balle pour qu’il tire au but. Qu’importe le vainqueur, seule la beauté du combat importe.

Vivre auprès d’un enfant qui ne filtre aucun sentiment. Vivre ses états d’âme, ses questionnements d’un petit bonhomme de 6 ans qui se ressent bien plus grand, trop grand peut être ….

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4 comments on “Les émotions qui dirigent ton monde.”

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